Introspection

Introspection

Huile sur toile et sable - 65,5 x 50 cm

Échange amical de tableaux avec Eugenio Granell. « Introspection » est dans la collection surréaliste d'’Eugenio Granell.

« La peinture de Loïc Bonnefont réussit le prodige libérateur qui nous sauve du marigot putride qu’est le monde où nous vivons chaque jour plus dangereusement, au bord même des falaises précurseurs de la destruction totale.

 

Les falaises que peint Bonnefont, ni tombent, ni feront tomber quoi que ce soit. Elles sont étayées par d’immenses madriers en bois ou métal. C’est ainsi que la volonté fortifie l’indéchiffrable géométrie de l’imposante falaise du vivre.

Chaque toile de Bonnefont est une page, hautement poétique, de son grand livre magique de la nature telle qu’il la sait. A l’inverse du livre de Patmos, qui dévorait St. Jean, celui de Bonnefont anticipe l’harmonie possible des éléments vitaux, invulnérables à toute dévoration.

Admirable riposte que la peinture de Bonnefont. Dans chacun de ses poèmes plastiques s’évanouissent et grandissent, fusionnant réciproquement, des champs, océans, rochers et forêts, murs en bois ou métalliques, la glace, l’air, ou l’eau, portes et oiseaux enchantés. Dans ses colossales perspectives tout s’entremêle et rien ne se confond, et dans l’impressionnante conjugaison du tout, vibre la nostalgie des monumentaux jardin de Babylone.

 

Si Flamarion a scruté les terres du ciel, Bonnefont découvre les ciels terrestres. C’est ainsi que, fréquemment, l’air se solidifie en pierres, bois, métal, qui se volatilisent.

 

Chaque toile de cet artiste est une étonnante métaphore. Comme les écrites, ses métaphores peintes certifient sa valeurs poétique. Des images considérées irréconciliables se reconcilient au toucher de son pinceau.

 

La peinture de Bonnefont, son livre d’enchantements, est inépuisable en visions, relations et métamorphoses : c’est une métaphore sans commencement ni fin, éternelle comme le concert des quatre élements, coffret suprême, qui devrait être immaculé, où son abrités tous les merveilleux encouragements qui animent et rendent consistante la seule vie digne d’être vécue. »

Eugenio Granell

Peintre surréaliste espagnol / 1912 - 2001. Ami de Duchamps, Breton, Ernst…

Rencontre avec Loïc Bonnefont en 1987.

Texte traduit de l'espagnol par Elton Anglada