1/20

DESSINER LA PENSÉE…

Ma passion, depuis mon enfance, va vers le dessin. Très tôt celle pour la technique de la peinture à l’huile s’y est associée. J’utilise souvent les deux dans la réalisation de techniques mixtes dont les textures, les richesses de matière, les effets contrastés m’offrent les plus grands moments.

Ma peinture se veut être celle de l’imaginaire, libre de tout enfermement. Rien ne me plait plus, par la confrontation à la matière, par le dessin en premier lieu, que ce défi technique de reproduire les images mentales que d'innombrables idées et émotions nomades m'instillent, et d’en recréer ainsi une réalité transposée. J’aime puiser dans ces visions si diverses les formes des corps, des paysages, des mondes qui se matérialisent ainsi sur le papier où la toile, sans autre inspiration que cette seule perception intérieure, nourrie de tous mes regards, de toutes mes mémoires.

J’ai toujours été habité par l’idée de « dessiner la pensée », avant toute préoccupation d’esthétique que la réalisation tentera en second lieu de convoquer, nourrie de l’émotion. Je me suis toujours refusé de dépendre d’un quelconque procédé, aimant trop que chaque pensée, chaque émotion qui me saisissent soient exprimées avec la technique, l’esprit qui leur sont dues, pour, en un retour convoité, tenter de  les rendre plus saisissantes. Plus présentes encore. Plus partageables.

Loïc Bonnefont

… « On le dit « Peintre de l'imaginaire » pour être doué de cette rarissime faculté qui le porte, alors qu'il appréhende le motif dans l’instant présent, à le transposer au passé et au futur, de ses origines à son devenir. Ainsi, Loïc Bonnefont s’interroge-t-il sur la créature humaine, ses origines et sa finalité, son isolement dans un monde dont il ressent les agressions sur la beauté précaire de toute chose…

Dans chacune de ses compositions, la maîtrise achevée de son art se met au service de l’esprit, premier maître servi. Et si Loïc Bonnefont se laisse emporter par le rêve, il en vit les épisodes à l’état éveillé et ainsi le conduit à sa guise. » …

Extrait d’un texte de Jacques Dubois / Galerie REC, Paris